Il aura fallu cinq longues années à Nintendo pour réfléchir, concevoir et sortir ce nouveau Zelda. Une gestation anormalement longue pour le développeur japonais tant il a été compliqué de composer une nouvelle aventure exclusive à la Wii et à sa manette si particulière.
-Ces complications, on les ressent dès le début de l’aventure avec une histoire qui a véritablement du mal à démarrer, tout du moins après les deux premières heures de jeu, ne prenant son envol qu’une dizaine d’heures plus tard lorsque les trois premiers temples ont été bouclés. On découvre tout de même un Link plus agile qu’auparavant puisqu’il a maintenant la capacité de sprinter un court laps de temps grâce à une jauge d’endurance. Elle apparaît d’ailleurs pour divers mouvements qualifiés de fatigants comme lorsque l’on grimpe sur un mur, que l’on nage en profondeur ou que l’on porte un objet assez lourd. Parfaitement intégrée dans le gameplay de Skyward Sword, cette particularité rend les phases de plateformes plus intenses, notamment quand un boss se retrouve à nos basques, que notre jauge est au plus bas et que l’on doit à tout prix récupérer les fruits disséminés sur le sol pour regagner un peu d’énergie pour ne pas se faire piétiner.
-La véritable nouveauté de Skyward Sword réside dans l’utilisation du Wii Motion Plus, cet accessoire augmentant sensiblement la précision de la Wii Remote qui est ici rendu obligatoire. Jusqu’à présent l’intérêt de l’accessoire était discutable mais cet épisode de Zelda réussi à lui seul à justifier son achat, à l’instar du Ram Pack pour Majora’s Mask sur Nintendo 64 utilisé à l’époque sur une poignée de jeux. Et c’est l’occasion de voir que contrairement à Twilight Princess, cet épisode a bel et bien été pensé spécifiquement pour la Wii. Un coup d’Å“il sur l’interface suffit à s’en assurer : inspiré de son prédécesseur, elle a été considérablement améliorée et le tout est particulièrement intuitif. En effectuant une pression sur la gâchette B, le menu contextuel s’ouvre et on sélectionne un item à la volée, sans la moindre pause. La manipulation est quasiment la même pour les objets secondaires en passant par la touche + de la télécommande. Mais au delà de l’interface, c’est la précision de la Wii Remote qui impressionne. Il est désormais possible de déterminer avec précision la façon dont on utilise son épée. Il devient alors possible de frapper verticalement, horizontalement ou en diagonale de façon très précise, et seul un petit temps d’adaptation sera nécessaire pour maitriser l’accessoire.
L’utilisation du Wii Motion Plus ne se limite pas à ça puisque la plupart des objets ont vu leur maniement repensé. Les bombes par exemple, qu’il est possible d’utiliser de plusieurs façons différentes, selon qu’on choisisse de les lancer ou de les faire rouler, voire de tout simplement les poser. La plupart des objets bénéficie du même traitement et s’avère fun à utiliser. Il n’y a pas de redondance dans la panoplie d’armes de Link et chaque objet a son utilité propre sans qu’il y ait doublon. Il n’est pas nécessaire d’agiter la Wii Remote comme un forcené, l’accessoire répondant facilement. Tout ce qu’on y gagne, c’est l’obligation de recentrer le curseur en visant le centre de l’écran et en effectuant une pression sur la touche directionnelle du bas. En secouant le nunchuk au bon moment, Link réalise une sorte de « Guard impact » hérité de Soul Calibur V, ce qui lui permettra de déstabiliser un assaillant en l’utilisant bien.
-Skyward Sword n’est peut-être pas le meilleur Zelda que l’on connaît mais il n’en reste pas moins une excellente épopée. Malgré quelques lourdeurs en début d’aventure laissant planer le doute sur la qualité du titre, la grosse majorité du jeu se révèle être une véritable démonstration du savoir-faire de Nintendo. Les niveaux se montrent ainsi bien plus originaux qu’à l’accoutumée, les objets que l’on récupère sont tous plus inventifs les uns que les autres et les musiques, enfin orchestrales, complètent de fort belle manière les aventures héroïques de Link.
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